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Accueil Entretien

Sophia Aram : « génocide » est devenu un mot pour faire taire

Le DDV Par Le DDV
15 juillet 2026
dans Entretien
Temps de lecture : 15 min
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Photographie ©Stéphane Vaquero

Photographie ©Stéphane Vaquero

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Artiste engagée, Sophia Aram pourfend depuis des années, dans ses chroniques et spectacles, les radicalités du monde et de notre société. Extrémisme, racisme, antisémitisme, populisme… autant de thèmes passés au crible d’un humour qui égratigne les lâchetés et les abadons.

Propos recueillis par Emmanuel Debono, rédacteur en chef

Sophia Aram, quel est votre métier ?

Cela fait 20 ans que je me produis sur scène en tant qu’humoriste et que je fais des chroniques radio. Depuis quelques années je fais également des chroniques dans Le Point et Le Parisien.

Certains s’interrogent sur les frontières de l’humour…

Je ne sais pas s’il y a des frontières à l’humour. Choisir un sujet, un angle, revient à exprimer un point de vue. En ce sens l’humour, et particulièrement quand il est politique, a toujours dérangé ceux qui ne partageaient pas vos points de vue. Ce qui est nouveau c’est de comprendre qu’après l’extrême droite, qui m’attaque depuis très longtemps et très violement, l’extrême gauche s’est également organisée en meute pour faire taire toute pensée contradictoire. Marine et Jean-Marie Le Pen faisaient des communiqués de presse pour réclamer ma démission, il y a aujourd’hui des députés d’extrême gauche comme Ersilia Soudais ou Aymeric Caron, qui réclament ma peau en commission parlementaire.

Comment ces attaques ont-elles fait irruption dans votre vie ?

Cela a été progressif. J’ai rejoint la matinale de France Inter en 2010. Je me souviens des premiers commentaires sous la vidéo d’une chronique alors que Laurent Fabius était l’invité : « Aram, Cohen [Patrick, nldr], Fabius, la juiverie a pris le pouvoir. » J’ai découvert ce qu’étaient les attaques racistes, le fait d’en être la cible par ma seule présence, sans qu’aucun de mes propos ne soit mentionné. Un premier cap a ensuite été franchi, après une chronique sur le Rassemblement national pendant les cantonales dans laquelle j’expliquais avoir du mal à faire la différence entre un « gros con » et quelqu’un qui pense que tous ses malheurs sont liés à la présence de noirs et d’Arabes sur le sol français. Je m’appuyais sur des déclarations racistes de sympathisants du Front national. Je terminais en disant : « Ce n’est peut-être pas un gros con, mais c’est quand même bien imité ! » La vague de harcèlement qui s’est ensuivie a duré plusieurs années, avec son lot de menaces et la nécessité de mettre en place une protection policière autour de mes spectacles et dans les endroits où j’étais annoncée. Je me souviens d’un militant d’extrême droite qui m’avait appelée pour me dire qu’il allait venir m’asperger d’acide. Visiblement, le « gros con » s’était reconnu !

Les attaques venaient des seuls extrémistes ?

Non. J’ai été aussi critiquée par des éditorialistes, des chroniqueurs, des gens qui m’expliquaient que je m’y étais mal prise parce que les partisans du FN étaient d’abord des « gens qui souffrent ». Je me souviens d’une chronique de Guy Carlier m’expliquant que j’étais responsable de faire gagner plusieurs points à l’extrême droite. Et puis il y a eu cette chronique face à Jean-Marie Le Pen, où je lui ai dit qu’il n’était qu’un thermomètre fiché dans le derrière des Français pour mesurer leur niveau de xénophobie en période de crise. C’était direct et visiblement le thermomètre lui était resté en travers de la gorge.

Quand la vraie bascule s’est-elle produite ?

Ça a été les attentats, à commencer par l’attaque de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. À l’époque, j’avais un spectacle qui s’appelait « Crise de foi », qui portait sur les trois monothéismes et j’étais dans la rédaction du spectacle suivant. Il y avait eu les printemps arabes, Bachar el-Assad, la crise des migrants, les départs en Syrie, et donc mon spectacle parlait d’islamisme, de ces départs et de la montée de l’extrême droite en France. Je parlais ainsi de deux phénomènes radicaux qui me paraissaient majeurs.

Charlie est venu donner un coup d’arrêt ou, si vous préférez, provoquer une bascule. Ce n’était pas comme si on ne l’avait pas vu venir. Cela faisait des années que j’avais pris position en soutenant Charb et le « droit au blasphème » comme pierre angulaire de la liberté de penser. Toutes ces années pendant lesquelles, il était possible pour quelques personnalités réunies autour de Rokhaya Diallo de signer une tribune pour dénoncer la protection policière des locaux de Charb tout en l’accusant de vouloir faire le buzz.

Je trouvais cela tellement condescendant et dérangeant de considérer que lorsque l’on est musulman on ne supporte ni la caricature, ni l’humour…

Derrière la solidarité affichée au lendemain des attentats de 2015, la période a été un moment de fracture de la gauche. J’ai violemment dénoncé le « oui mais », qui commençait à s’installer et qui me paraissait encore plus insupportable dans ce contexte. Je m’en étais prise assez vivement à Emmanuel Todd et à son concept de « France des catholiques zombies » par opposition aux musulmans qu’ils réduisait à des bébés phoques incapables de comprendre la laïcité et la liberté de penser. Je trouvais cela tellement condescendant et dérangeant de considérer que lorsque l’on est musulman on ne supporte ni la caricature, ni l’humour… J’ironisais sur l’attitude de ce grand monsieur blanc venant m’expliquer à moi, femme de culture musulmane, comment j’aurais dû être offensée-blessée-choquée-meurtrie par les caricatures de Charlie.

L’humour devient alors, en quelque sorte, un champ de bataille…

L’humour fait partie des champs de bataille et n’a aucune raison d’être épargné par les fractures qui traversent toute la société française, a fortiori lorsque l’on intervient dans une matinale d’information et qu’on le fait librement.

Faut-il plutôt parler, vous concernant, d’engagement ou de militantisme ?

Je ne milite pour aucun parti, je n’ai jamais été encartée nulle part. Je n’ai jamais caché avoir toujours voté à gauche. Mon militantisme, cela a été pour les femmes iraniennes, les femmes afghanes, pour la Syrie, contre Bachar el-Assad. Là, j’ai vraiment milité. Mais en revanche, j’ai toujours précisé « d’où je parlais ». Je n’ai jamais cru en la neutralité ; je fais toujours le pari de l’intelligence des auditeurs et des lecteurs en me situant : à eux d’en faire ce qu’ils veulent. Plutôt que de feindre une pseudo-neutralité qui, à mon avis, n’est qu’illusion.

Vous êtes de fait sans illusion sur ce qu’il faut en attendre en retour…

Oui et non, parce que la violence des attaques n’est pas et ne sera jamais acceptable. Mais je refuse que cela conditionne le choix de mes sujets et de mes chroniques. Je veux rester libre et ce ne sont pas les menaces et les insultes qui me feront taire. Cela fait des années que la bande de Guillaume Meurice m’a prise pour cible et cela continue maintenant depuis Radio Nova. Cela va d’attaques purement sexistes dans lesquelles une humoriste de Nova explique que mon anus est une cible pour Netanyahou aux chroniques de Pierre-Emmanuel Barré, qui se réjouit à l’idée qu’une Kangoo puisse me rouler dessus jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il a parfaitement le droit de le dire, j’ai aussi le droit de dire que c’est dégueulasse et que compte tenu du nombre de chroniques que toute cette bande m’a consacrées, il s’agit sans aucun doute possible de harcèlement en meute. Mais bon, il y a visiblement le « mauvais harcèlement » et le « bon harcèlement »… de gauche. J’imagine aussi que pour des militants d’extrême gauche qui ont la prétention de ne s’en prendre qu’aux puissants, ils doivent me considérer moi et les trois minutes par semaine que j’occupe sur Inter comme quelque chose de très puissant.

Photographie ©Stéphane Vaquero

Atteint-on, d’après vous, certaines limites en matière de liberté d’expression ?

Je suis attachée à notre conception française de cette liberté. Il y a un cadre légal qui nous permet bon an mal an de réguler l’incitation à la haine, le racisme, le négationnisme… Et si on entre dans ce cadre-là, ça laisse déjà pas mal de liberté. Je ne crois pas, à titre personnel, que l’on ait besoin de le renforcer. Tous ceux qui disent qu’ « on ne peut plus rien dire », j’ai envie de leur répondre qu’en fait, si, on peut ! On peut, même si le prix à payer est plus lourd que par le passé mais que ce n’est, en tout cas, pas à cause des lois qui encadrent la liberté d’expression. Mais je dois également souligner que quand je suis en tournée, la plupart des gens ne connaissent pas les polémiques qui se jouent sur les réseaux sociaux. Il y a forcément un effet loupe des ceux-ci qui nous donne l’impression d’être dans l’arène en permanence. Ce qui n’est pas le cas.

Le plus grave, il me semble, c’est que nous avons aujourd’hui des députés d’extrême gauche qui salissent tout. Si les libertés sont piétinées par certains politiques, comment fait-on, nous, pour les défendre ? Au moment des Jeux Olympiques, une athlète Éthiopienne naturalisée néerlandaise, Sifan Hassan, a remporté le marathon, et a mis le voile pour venir chercher sa coupe. Elle a couru en short, les cheveux au vent, elle a fait des unes de magazine en tenue hyper moulante et puis, elle a choisi de faire un geste politique en portant un voile en cette occasion, mais visiblement sans savoir comment le nouer. J’ai commenté en disant « Moi quand je sors du hammam et que j’ai froid à la tête », en ajoutant le hashtag #TutoHijab. J’ai été qualifiée d’ « islamophobe » et de raciste par des députés d’extrême gauche et de gauche, ravis de saisir une occasion pour me désigner comme une cible en faisant passer une moquerie sur un voile pour du racisme. J’aurais pu faire la même remarque sur un sportif portant sa kippa sur le front, mais j’imagine que cela les aurait moins dérangés.

L’ « islamophobie »… peut-on encore protester contre ce terme piégé ?

Je pense que c’est fini, que nous avons perdu. Nous avons perdu parce que le grand public l’utilise. On me traite d’« islamophobe » en faisant passer une blague sur un bout de tissu pour du racisme anti-musulmans. C’est d’ailleurs à propos de cette ambiguïté que Salman Rushdie a depuis très longtemps récusé l’utilisation d’un mot visant à assimiler la critique de l’islam à du racisme envers les musulmans. Je critique le dogme, la religion, toutes les religions, je l’ai toujours fait. Et parce que je suis de culture musulmane, je serais en plus une traîtresse ? C’est d’ailleurs assez rigolo de ne pas entendre ces députés dénoncer le racisme de ceux qui me traitent « d’arabe de service », de « collabeurette » ou de « traître à ma race ». Même silence depuis que des députés organisent mon harcèlement en mettant en scène l’idée que je serais « vendue aux juifs » en détournant une photo d’un sketch où je me mets à genoux devant Arthur. Ce procès en « islamophobie » n’a qu’un but, celui de bâillonner. Rien d’autres.

Ce procès en « islamophobie » n’a qu’un but, celui de bâillonner.

Quel est le profil de votre public ?

J’ai du mal à répondre à cette question. Ce sont rarement des gens d’extrême gauche et d’extrême droite et je ne vous surprendrai pas en disant qu’il y a une sur-représentation de personnes se revendiquant du centre gauche à la droite, attachées aux valeurs laïques et républicaines. Ce qui peut donner le sentiment d’être un peu chacun dans nos couloirs de nage, c’est-à-dire qu’on ne se parle qu’entre nous ou qu’à des gens avec lesquels nous sommes d’accord. On a tous globalement du mal avec la contradiction, le dialogue, le débat. Et dès que vous prenez le risque de choquer, vous êtes mis au ban. Mais être choqué, ce n’est pas si grave !

Vous accommodez-vous, vous-même, de la contradiction ?

J’ai l’habitude de discuter avec des personnes qui ont d’autres idées que les miennes. N’oubliez pas que je suis sur France Inter, où les idées que je porte sont maintenant loin d’être majoritaires ! J’essaie d’écouter le plus de choses possibles pour me faire mon opinion. Je me souviens d’un long portrait dans le supplément du Monde me concernant. Le journaliste était allé questionner mes camarades de France Inter. L’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat, avait dit que je prenais l’antenne en otage trois minutes par semaine. C’est drôle non ? Considérer que la parole de quelqu’un qui ne pense pas comme vous puisse être une prise d’otage, cela dit quand même quelque chose de notre époque et de la capacité à accepter qu’un point de vue différent du vôtre puisse être exprimé… trois minutes par semaine.

Photographie ©Stéphane Vaquero

Comment répartissez-vous les coups entre les « extrêmes » ?

J’ai passé les dix premières années de ma vie à taper sur l’extrême droite avant de comprendre qu’un mouvement violent et de nature totalitaire s’organisait autours du culte de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon et que ce mouvement avait également la faculté, comme le dit Bernard Cazeneuve, de produire du vote RN en quantité industrielle. J’estime aujourd’hui que le RN et LFI sont dangereux pour des raisons très différentes. Mais le niveau d’outrance et la stratégie de bordélisation assumée des insoumis m’invite à taper régulièrement sur LFI, ce qui ne m’empêche évidemment pas de parler du RN ou de tout autre sujet. Même s’il faut reconnaitre que de son côté la stratégie de normalisation du RN a contribué à lisser l’image d’un parti dont l’idéologie, la doctrine et les alliances n’en sont pas moins dangereuses pour la France.

Entrevoyez-vous une solution politique ?

C’est la question ! Où sont les partis de gauche et de droite sur ces sujets-là ? Ils avaient dix ans pour proposer une alternative. Franchement, je ne sais pas quoi répondre.

Quel est la part de responsabilité de la gauche ?

Le parti socialiste d’Olivier Faure a préféré jouer les supplétifs de Jean-Luc Mélenchon plutôt que de bâtir une offre politique. À mes amis socialistes qui allaient vers la Nupes, j’avais dit que je ne pouvais comprendre une telle alliance, même si le danger de l’extrême droite était réel. Pour moi, c’était contre nature. On ne pouvait pas faire alliance avec un Mélenchon qui, quelques mois plus tôt, disait que Vladimir Poutine allait terminer le travail en Syrie ou un type qui considère que le « peuple juif » est un peuple déicide.

Une bonne partie de la gauche et de l’extrême gauche s’est engouffrée dans une stratégie de séduction de ce que leurs militants appellent « les quartiers populaires », ce qui est leur façon de désigner l’électorat musulman ou issu de l’immigration. Le paradoxe est que la France insoumise comme le Parti socialiste reste un parti de petits bourgeois blancs et majoritairement parisien. Toutes ces petites minettes en keffiehs roses qui viennent m’expliquer à moi comment je dois parler de l’islam, alors qu’elles n’auront jamais, elles, à subir le moindre poids de la religion dans leur chair, jamais, ni leurs enfants, ni leurs frères, ni personne… et qui n’auront pas à le combattre en vérité. Pour moi, il n’y a rien de plus paternaliste que cela.

On vous a aussi reproché de mettre des guillemets à « génocide »…

Absolument. J’ai d’abord été impressionnée par la chronologie. La première fois que j’ai vu le terme utilisé, dans le contexte de la guerre Israël /Hamas qui a suivi l’attaque du 7 octobre 2023, c’était une dizaine de jours plus tard, par l’eurodéputée Rima Hassan.

Je me suis demandé : pourquoi ce mot-là ? Pourquoi – s’il y avait lieu de l’utiliser – est-ce que « crime de guerre » ne suffisait pas ? Alors pourquoi « génocide » ? Et pourquoi insister sur ce terme quand il s’agit d’Israël ? L’impression que j’avais, et je me trompe peut-être, c’est que c’était la légitimité de l’État d’Israël, son droit à exister, qui étaient contestés. Désigner Israël comme un État colonial – y compris sur ses frontières de 1948 – et a fortiori le qualifier de « génocidaire », c’est préparer son éradication et poursuivre le projet originel du Hamas. Si l’on accuse de « génocide » ceux qui ont échappé à la mort dans l’Europe nazie et qui ont apporté, par la constitution de l’État d’Israël, une réponse durable à la haine antijuive, l’histoire du génocide et de la Shoah s’en trouve complètement délégitimé. Le plus édifiant étant que la Cour pénale internationale n’a à ce jour rien prononcé, aucune condamnation, qui permettrait d’employer ce terme au sujet de ce qui s’est passé à Gaza.

Le jour de mon discours au Molière (…) j’ai rappelé qu’on devait avoir la même compassion pour les victimes civiles des bombardements de l’armée israélienne sur Gaza que pour les victimes du 7-Octobre.

« Génocide » est devenu un mot pour faire taire. Ne pas parler de « génocide », c’est devenir un complice ou un soutien du « génocide ». Un simple citoyen français qui veut, à cet égard, demeurer prudent dans sa manière de nommer les faits, a vite fait de se voir priver de son humanité. Pour ma part, je suis qualifiée de soutien du « génocide » depuis le jour de mon discours au Molière lorsque j’ai rappelé qu’on devait avoir la même compassion pour les victimes civiles des bombardements de l’armée israélienne sur Gaza que pour les victimes du 7-Octobre. Le Molière m’a presque été confisqué. La nuit suivante j’ai été la cible des tweets continus des députés Aymeric Caron, Aurélien Taché et tant d’autres me désignant comme une complice du régime de Netanyahou et m’accusant de soutenir un « génocide ».

Le RN, de son côté, vous a-t-il déjà fait des avances ?

Jamais, parce que je l’ai toujours combattu. Ils le savent très bien. Il n’y a pas très longtemps, j’ai eu accès à des statistiques portant sur le niveau des attaques me visant sur les réseaux sociaux. Je vous rassure, l’extrême droite est toujours en bonne position !

Quel bilan faites-vous de votre spectacle, « Le monde d’après », qui vient de s’achever ?

Il s’est terminé début juin, en Belgique, et a donc été récompensé, en 2024, par un Molière. « Le monde d’après » mettait les pieds dans le plat sur les sujets qui nous préoccupent : la banalisation du vote RN, le populisme, les gilets jaunes, l’islamisme, la liberté d’expression, le procès en islamophobie… Je l’ai joué pendant plus de trois ans partout en France, en Suisse, en Belgique. Il y a eu quelques manifestations mais ce fut tout à fait marginal. Je n’ai jamais communiqué sur ces événements pour ne pas leur donner d’importance. Il y a eu quelques courriers aussi et des mails pour intimider les programmateurs. En dehors de ces épiphénomènes, le spectacle a connu un grand succès et j’ai reçu énormément d’encouragements et de témoignages de gratitude de la part du public.

Vous travaillez sur un nouveau spectacle. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

« Je suis en train de mettre le dernier coup de stylo à ce sixième spectacle, dans un monde saturé de prêt-à-penser d’extrême gauche comme d’extrême droite, d’injonctions identitaires et religieuses, de délires complotistes et d’ingérences étrangères. Je ne manque pas de matière, on devrait pouvoir bien se fendre la poire ! »

Sophia Aram, à retrouver dans le dernier numéro du Droit de Vivre (été 2026).
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